Lettre adressée par le Président de la République à S.A Cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Paris, le 2 novembre 2004

Altesse,

Je tenais à Vous faire part de la profonde émotion que suscite en France le décès de Son Altesse Cheikh Zayed Bin Sultan Al Nahyan, fondateur de l’Etat des Emirats Arabes Unis, dont il a assuré pendant trente ans la stabilité et le rayonnement régional et international. Cheikh Zayed était aussi l’inlassable promoteur de l’amitié avec la France. Il a bâti avec notre pays une relation exceptionnellement forte et confiante qu’il laisse en héritage et à laquelle je suis, comme Vous le savez, profondément attaché.

Dans le domaine de la politique extérieure de défense et de sécurité dont Vous avez la charge, Vous avez, sous l’autorité de Cheikh Zayed, travaillé avec constance et enthousiasme au resserrement des liens entre la France et les Emirats Arabes Unis. La signature de l’accord de défense de janvier 1995, à laquelle Vous avez directement contribué, a ouvert de nouvelles perspectives à notre coopération et à notre alliance. Dans la voie tracée par Votre père, je sais que Vous travaillerez à l’avenir à l’approfondissement de cette relation. Je Vous assure à l’avance de la disposition de la France à oeuvrer avec les Emirats Arabes Unis pour la réalisation de cet objectif essentiel.

Le décès de Cheikh Zayed me touche personnellement. J’avais développé avec Votre père une relation très confiante, faite de respect et d’affection. Je garde en mémoire les moments très forts que j’avais partagés avec Lui, et avec Vous, lors de ma visite officielle aux Emirats Arabes Unis en décembre 1997, au cours de laquelle nous avions décidé ensemble d’établir entre nos deux pays un véritable partenariat. J’ai également très présentes à l’esprit mes dernières conversations, empreintes d’amitié et de cordialité, avec Votre père et Vous-même, en juillet 2002 à Annemasse.

Je connais la nature des liens que Vous entreteniez avec Votre père et l’admiration que Vous éprouviez à son égard. Je mesure donc l’étendue de Votre peine et de la perte que Vous ressentez. En ce moment de deuil, je Vous adresse, ainsi qu’à Votre famille, le témoignage de ma vive sympathie et l’expression de mes condoléances attristées.

Je Vous prie de croire, Altesse, à l’assurance de ma haute considération.
et de ma bien cordiale amitié dans la peine et la tristesse,

Jacques CHIRAC

Son Altesse
Cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan
Prince Héritier d’Abou Dabi

(mentions manuscrites)

publié le 27/06/2010

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